Interview Denis-Claude Gaspard: Le metteur d’ambiance

 

Denis-Claude Gaspard est aussi un passionné de voiture et de la mécanique

Il a le séga dans la peau, il vit sa musique à fond en chantant et en gesticulant sur scène. Il compte plusieurs titres à son actif. Avec ses danseuses, il anime régulièrement les hôtels du pays et il a fait des tournées à la Réunion, aux Seychelles, sur le continent africain, en Europe et en Chine. Lui c’est Denis-Claude Gaspard le metteur d’ambiance…

Quelle est votre motivation pour animer soirées après soirées ?

Ce n’est pas donné à tout le monde de monter sur scène et faire une prestation. La raison pour laquelle j’arrive à le faire est que je pense que j’ai eu ce don depuis tout petit. Hormis le fait que j’aime changer l’humeur des gens en montant sur scène, pour moi c’est aussi un plaisir de montrer notre style qui est le séga. D’ailleurs la plupart de mes spectacles se fait en trois parties. Je commence avec la chanson, puis vient la dance, avant de conclure avec une petite introduction sur l’histoire et le folklore mauricien. Cependant, je dois vous dire qu’il arrive des fois où je me décourage. Surtout lorsque je vois qu’il y a de plus en plus d’amateurs, qui prennent le micro et prétendent d’être un bon ségatier. Cela cause un problème sur le coût de prestation où des hôtels préfèrent payer un « amateur » moins cher, pourvu qu’ils arrivent à distraire les touristes. Comme moi, beaucoup de mes amis professionnels se découragent à cause de cela. Ce qu’on ne réalise pas, ce que le touriste qui est de passage à Maurice, verra cette image-là du séga, il ne connaîtra pas le vrai du vrai. Je ne dis pas que tout le monde ne peut pas chanter le séga, mais il y a une différence entre quelqu’un qui chante et un professionnel.

Denis-Claude Gaspard compte plus 30 ans de carrières. Son prochain album, « Boîte Lagrin » sera dans les bacs en ce mois d’octobre.

On dit souvent que la musique est « héréditaire » de père en fils, est-il celui qui vous a poussé dans la musique ?

Il est vrai que je suis né et grandi dans le séga. Je me souviens de mon père qui faisait ses prestations sur scène, ses chansons qui passait à la radio, sans oublier les vielles casettes avec sa photo dessus. De ce fait, pour moi c’est venu naturellement. On peut forcément dire que la musique est « héréditaire ». Par ailleurs mon père, n’était pas le seul chanteur. Il a suivi le pas de mon grand-père, c’est donc normale pour moi de continuer cette tendance.

Vous-vous imaginiez un jour chanter autre chose que le séga ?

Personnellement, j’aime tous les genres de musique et je ne me l’imite surtout pas au séga. La musique est ma passion mais j’ai aussi d’autre passion comme la voiture et la mécanique. Toutefois lorsqu’il s’agit de faire une prestation je préfère le séga qui est mon vrai métier.

Si vous n’étiez ni chanteur, ni auteur, ni compositeur, ni interprète, que seriez Denis Claude Gaspard aujourd’hui ?

Comme je l’ai dit, la voiture et la mécanique m’intéresse beaucoup. Certainement si je n’étais pas dans le séga aujourd’hui, j’allais sans doute être un mécanicien. Je bricole de temps en temps… Y a-t-il un ségatier qui vous a le plus marqué mis à part votre père, quelqu’un à qui vous souhaiteriez aussi rendre hommage à travers cet entretien. J’ai beaucoup apprécié la prestation sur scène du défunt Roger Clency. La manière dont il faisait son spectacle m’a aussi inspiré durant ma carrière. Sans oublier Claudio Veeraragoo qui a démontré que quelqu’un peut réussir avec la musique. J’ajouterai que la musique peut faire n’importe qui réussir si il ou elle le veut bien.

Aujourd’hui, la musique Mauricienne peine à décoller contrairement à d’autres pays juste à côté de chez nous. Quel est selon vous les facteurs de ce problème et comment remédier à cette situation selon vous?

Je note qu’il y a en effet un problème sur la façon de promouvoir notre musique. Il faut que l’autorité mauricienne, tout comme je l’ai dit pour les hôtels, arrive à juger si celui ou celle qui représentera notre musique durant les campagnes de promotions, sera apte à le faire. Son style, ses paroles et sa prestation projettent-ils vraiment l’image du séga mauricien ? On voit par exemple que de nos jours certains jeunes refusent de faire une prestation pied nu et préfère leur propre style vestimentaire en laissant de côté notre chemise à fleurs traditionnelle. Tout cela a un impact sur notre musique traditionnelle. Je recommande aussi aux autorités de promouvoir d’avantage les artistes mauriciens. Cela peut être fait dans les différentes régions de l’ile. Par exemple la municipalité ou District Council peut organiser des spectacles pour promouvoir les artistes de leurs régions respectives. A eux de faire le marketing, mettre les affiches etc. pour informer et mobiliser le maximum de personnes et qu’elles viennent en famille. Et je peux vous dire que les artistes sont prêt à le faire gratuitement, surtout l’lorsqu’il s’agit de promouvoir sa musique dans son quartier. Un micro, un peu d’eau, à manger et des sponsors suffisent pour mobiliser les artistes qui veulent se faire connaître. Bien sûre il faut au moins une tête d’affiche pour attirer encore plus de gens.

Quels seront vos projets à venir ? On sait par exemple qu’un nouvel album est en préparation, avez-vous des infos à nous donner ?

En effet un nouvel album est en vue. Le titre de mon prochain album sera « Boîte Lagrin ». Sa sortie est prévue en ce mois d’octobre.

Un message aux jeunes souhaitant se lancer dans la musique ?

La musique est un bon chemin à suivre et je le recommande aux jeunes. Surtout soyez vous-même. J’aimerai aussi ajouter que certains ont tort d’associer la musique à la drogue. C’est totalement faux de dire que les drogues mettent les chanteurs dans l’ambiance. Et pourtant, moi qui compte près de 30 ans de carrières, je ne touche pas à l’alcool et je ne fume pas, mais j’arrive à mettre l’ambiance lorsque je monte sur scène. Alors cesser de dire qu’il faut boire et ‘fumer’ « pou met vibe ! ».

La carrière de Denis-Claude Gaspard en images

 

(Paru dans l’édition du mardi 10 octobre)

 

 

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